
La commune appartenait à la veille de la Révolution de 1789 à la seigneurie de Septème, qui s'étendait sur tout ou partie des cinq communes actuelles de Septème, Oytier, Saint-Just-chaleyssin, Pont-Évêque et Serpaize.Mais sur le plan religieux elle était depuis longtemps, une paroisse.
En organisant les communes en 1790, la Révolution
maintint Pont-Évêque et Serpaize dans la commune de Septème
qui perdit le reste.
C'est le puissant essor industriel de Pont-Évêque dans la
première moitié du XIXe siècle qui devait poser le
problème de l'émancipation communale des Episcopontains
: au vieux
grief qu'était l'éloignement considérable
de Septème dont le chef-lieu était à huit kilomètres,
s'ajoutait celui du divorce d'intérêts, les épiscopontains
étant principalement ouvriers et
les septèmois étant
restés paysans.
Finalement, les pétitions
recueillirent l'avis favorable de l'administration préfectorale
et la loi du 20 juillet 1867 couronna tous ces efforts.
Tout comme Chasse-sur-Rhône, Chuzelles ou Serpaize, Pont-Évêque
naquit le 20 juillet 1867 comme entité municipale.
Par arrêté
ministériel du 8 février 1960, a été créé
le District de Vienne regroupant sept communes de l'Isère et
du Rhône : Sainte-Colombe,
Saint-Romain-en-Gal, Saint-Cyr-sur-le-Rhône,
Seyssuel, Pont-Évêque, Reventin-Vaugris et Vienne. Cette
décision devait avoir pour notre
commune le plus grand retentissement
de son histoire : on va assister en effet en quelques années
à un triple bouleversement, industriel, démographique
et des équipements collectifs.
Sur le plan industriel,
le district permit à Pont-Évêque de proposer
les vastes espaces de son plateau à des entreprises intéressées
par
la présence d'une main d'oeuvre viennoise rendue disponible
par la déroute du textile.
Sur le plan démographique, les répercussions de la création du district sont plus spectaculaires encore.
Pont-Évêque avait 1677 habitants en 1946, 1881 en 1962 et 5 636 habitants en 1975.
Dans cette population les étrangers furent nombreux. Les premiers arrivés à Pont-Évêque furent 50 familles d'Arméniens recrutés en 1923 par contrat de travail par l'entreprise Pellet, et logées par celle-ci dans un grand bâtiment du faubourg de Cancane. Depuis 1960 se sont essentiellement des Nord-Africains et des immigrés d'origine latine. On comptait 19,9 % d'étrangers en 1982.
Pont-Évêque enregistra un tassement démographique au recensement de 1982 : départ des jeunes à la recherche d'emploi, départ d'Episcopontains accédant à la propriété individuelle dans la commune voisine d'Estrablin.
Pour loger tout
ce monde, deux ensembles impressionnants d'HLM furent réalisés:
les Genêts en 1971 avec 358 logements et le Plan des
Aures, à
partir de 1973 avec 539 logements.
L'explosion démographique
a obligé à multiplier les équipements collectifs.
En 1960, une nouvelle mairie et un nouveau bureau de poste ont été
édifiés.
Cinq hectares de terrain furent achetés dans la Prairie par la
municipalité en 1962 pour être aménagés en
terrains de sports. En 1976, un
ancien bâtiment industriel du
Plan des Aures était transformé en gymnase.
Un collège d'enseignement secondaire fut construit qui fonctionna
à la rentrée de 1979. Des supermarchés apparurent.
Enfin, un effort considérable porta sur l'infrastructure routière
: Les liaisons avec Vienne se faisaient traditionnellement par la seule
RN 502,
antique
liaison menant de Grenoble à Vienne où elle franchissait
le fleuve, devenue D502 de nos jours. Avec l'essor de l'économie au XIXe
siècle,
elle devenait saturée : on la doubla par la " route neuve",
comme disent les Viennois, commencée dans les années 1880
et inaugurée finalement en 1900 après bien des difficultés,
en raison de la raideur de la pente du versant gauche de la Gère
où elle s'accroche.
La modernisation de la " route neuve "de Vienne - D 41 - a
permis depuis 1979 le contournement définitif de Pont-Évêque
par les poids lourds
allant de Grenoble à Vienne et Saint-Étienne.
L'agriculture est orientée surtout vers les cultures, blé, maïs et colza, qui viennent bien sur le plateau. En 1980 101 personnes vivaient sur 32 propriétés.
Aujourd'hui, Pont-Evêque est jumeléé aux communes de Glynneath et d'Imbersago.
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BIBLIOGRAPHIE
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Du village à la ville, évolution d'une commune et adaptation
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des Amis de Vienne, 1935.
Rivet (F.), La navigation à vapeur sur la Saône et le Rhône,
1783-1863, Paris,
P-U-F-, 1962.
Dans l'ouvrage collectif
Vienne en France, Editions Jean d'Auvergne, 1947, trois articles à
retenir :
- Ch. Chatain : " Vienne, son industrie, et son commerce
".
- Ch. Jaillet : " Vienne, berceau de la papeterie
en Dauphiné ".
- J. d'Humiéres : " L'industrie moderne du
papier ".